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Mélenchon lance sa campagne présidentielle depuis Saint-Denis, vitrine de sa «Nouvelle France»

Ce dimanche 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon a choisi Saint-Denis pour tenir son premier meeting de la présidentielle 2027. Un choix qui ne doit rien au hasard. La commune de Seine-Saint-Denis, deuxième plus grande ville d’Île-de-France avec 150 000 habitants, est devenue depuis plusieurs années le symbole vivant de ce que le patron de La France insoumise appelle la «Nouvelle France» : une France populaire, plurielle, issue des classes laborieuses et de l’immigration. Un récit qu’il entend porter jusqu’à l’Élysée.

Mélenchon lance sa campagne présidentielle depuis Saint-Denis, vitrine de sa «Nouvelle France»
Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Strasbourg, janvier 2022 — © Alexey Vikhrov / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Saint-Denis, laboratoire politique de LFI depuis 2018

LFI investit Saint-Denis depuis des années. Aux élections municipales de mars 2026, le parti a remporté deux nouvelles mairies dans le département, dont celle de Saint-Denis avec Bally Bagayoko, et celle d’une commune voisine avec Aly Diouara. Ces victoires sont perçues en interne comme un signal fort : le territoire populaire bascule, et LFI en tient les rennes. Mélenchon en a fait son «étendard», son laboratoire et son argument de campagne. Depuis 2018, il multiplie les passages en Seine-Saint-Denis, berceau de ce qu’il appelle les «électeurs de demain».

La «Nouvelle France» : un concept identitaire face à l’extrême droite

Le concept de «Nouvelle France» n’est pas qu’un slogan de campagne. C’est une stratégie identitaire construite pour concurrencer l’extrême droite sur son propre terrain : celui de la nation, de l’appartenance, de la fierté nationale. Mélenchon revendique une France métissée, plurielle, dont les enfants de l’immigration sont les représentants légitimes. Avec Annie Ernaux et Éric Vuillard à ses côtés lors du meeting du 7 juin, il convoque aussi la France intellectuelle et littéraire pour asseoir ce récit. Le message est clair : la gauche revendique l’identité nationale, et refuse de la laisser au Rassemblement national.

Quatrième candidature à 74 ans : le pari de la persvérance

Jean-Luc Mélenchon se lance pour la quatrième fois dans la course à l’Élysée. Après 2002, 2012, 2017 et 2022, le voilà à 74 ans qui repart. Il avait pourtant promis que 2022 serait sa dernière tentative. La dynamique politique l’a rattrapé : dans un paysage de gauche fragmenté, il reste la figure la plus identifiable, la plus médiatisée, celle qui crée le mouvement. Sa stratégie repose sur un pari : mobiliser les classes populaires, les jeunes des banlieues et les abstentionnistes habituels pour les transformer en force électorale décisive. Le chemin vers le second tour passe, selon lui, par ces territoires que les autres candidats ignorent.

Une gauche en ordre dispersé pour 2027

Le lancement de campagne de Mélenchon intervient dans un contexte de profonde division à gauche. D’un côté, le Parti socialiste et ses alliés du bloc central autour de Glucksmann tergiversent sur une éventuelle primaire. De l’autre, les Écologistes avec Marie Tondelier sont déjà en campagne solo. LFI, elle, a tranché : Mélenchon est l’unique candidat, et le compte à rebours est lancé. Gabriel Attal, de son côté, s’apprête à proposer au bloc central un calendrier pour une primaire. Le décompte est ouvert, et la gauche aborde l’échéance la plus importante de la décennie sans unité, sans accord, et avec au moins trois candidats déjà en piste.

Le 93, symbole national ou réduction réductrice ?

Tout le monde ne partage pas l’enthousiasme de Mélenchon pour sa «Nouvelle France». Ses adversaires politiques, à droite comme au sein de la gauche traditionnelle, lui reprochent de jouer avec les identités, de diviser plus que de rassembler, et de réduire la France populaire à une seule géographie : le 93. La Seine-Saint-Denis est un département riche de sa diversité, certes, mais la France des ouvriers, des agriculteurs, des petites villes et des périphéries ne se résume pas à Saint-Denis. Mélenchon a choisi son terrain. Il lui reste à convaincre que ce terrain est celui de la victoire.

La rédaction ICONIQ. Politique

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