Présidentielle 2027 : Fabien Roussel officialise sa candidature et relance la guerre à gauche
Le secrétaire national du PCF a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2027 sur TF1, avec le mot « Vivre » comme slogan. Une décision qui rouvre les fractures à gauche et crispe Jean-Luc Mélenchon.

Une candidature actée par les militants
Fin du suspense. Ce dimanche 6 septembre, Fabien Roussel a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 sur le plateau de TF1. Le secrétaire national du Parti communiste français ne s’en cache pas : il se représente, cinq ans après avoir obtenu 2,3 % des voix en 2022. La décision avait été validée quelques heures plus tôt par les militants du PCF, à 72 %, lors d’un vote interne. Un mandat clair, assumé et sans ambiguïté.
Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle.
— Fabien Roussel (@Fabien_Roussel) September 6, 2026
Car il y a besoin d’un vrai changement dans ce pays.
Car il y a besoin d’un programme de rupture.
Car il faut en finir avec ce système. pic.twitter.com/QEpN5LJnBv
« Vivre » : le mot d’ordre d’une campagne de rupture
Roussel a dévoilé dès l’annonce son affiche de campagne, sobre et directe, autour d’un seul mot : « Vivre ». Un choix sémantique fort, qui entend incarner un programme centré sur le quotidien des Français. Derrière ce slogan, un projet concret : un grand plan industriel, la valeur travail au centre, et une place assumée pour le nucléaire dans la transition énergétique.
Il promet un « programme de rupture » et entend s’adresser à ceux qui ont décroché de la gauche. « Le problème de la gauche ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, a-t-il déclaré sur TF1. C’est qu’elle ne soit pas majoritaire dans le pays. » Roussel veut reconquérir « des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote ».
Mélenchon en embuscade, la gauche à nouveau fracturée
Si la candidature de Roussel réjouit les communistes, elle irrite ouvertement Jean-Luc Mélenchon. Le souvenir de 2022 est cuisant pour le fondateur de La France insoumise : il avait raté le second tour pour environ 400 000 voix, soit quasiment le score de Roussel ce soir-là. L’équation arithmétique est connue, et la blessure toujours vive.
En juillet, Mélenchon avait déjà exprimé publiquement sa déception face à la perspective d’une candidature communiste autonome. « Cela me déçoit. J’ai été le candidat du Parti communiste à deux élections présidentielles. Qu’ai-je fait depuis qui me vaille un tel opprobre ? », avait-il lancé. Les deux hommes campent sur leurs positions, et la primaire à gauche n’est pas à l’ordre du jour.
Des sondages qui relativisent la menace
Dans un sondage Ipsos publié ce dimanche par Le Parisien, Fabien Roussel est crédité de 2,5 à 3,5 % des intentions de vote pour le premier tour. Jean-Luc Mélenchon, lui, se situe entre 15 et 17 %. Des chiffres qui montrent que le communiste ne représente pas, à ce stade, une menace directe pour le leader insoumis, même si chaque dixième de point comptera le moment venu.
À droite, Édouard Philippe et Marine Le Pen dominent les enquêtes d’opinion. La gauche, une fois encore, aborde la présidentielle avec plusieurs candidats en lice, sans accord de rassemblement en vue. Un schéma qui rappelle douloureusement 2022.
Roussel, maire et candidat : un profil qui a évolué
Depuis sa première candidature, Fabien Roussel a changé de stature. Désormais maire de Saint-Amand-les-Eaux, il a quitté l’Assemblée nationale mais conservé une implantation locale solide. Son profil, ancré dans les territoires et la proximité, tranche avec la posture tribunitienne de Mélenchon. C’est précisément sur ce terrain qu’il entend construire sa différence : une gauche de gouvernement, pragmatique, qui parle de production, d’industrie et de pouvoir d’achat sans complexe idéologique.
Reste à savoir si cette ligne trouvera un écho suffisant dans un pays où la gauche cherche encore son unité. La campagne ne fait que commencer, mais les premiers arbitrages sont posés. Et cette fois, personne ne pourra dire qu’il n’avait pas prévenu.
La rédaction ICONIQ. Politique
Journaliste
Rédaction ICONIQ. Politique
La rédaction Politique d’ICONIQ. suit au quotidien l’actualité politique française et internationale. Décisions gouvernementales, campagnes électorales, débats de société, stratégies des partis et grandes réformes : nous analysons les événements qui façonnent la vie publique. Notre ambition est d’informer avec rigueur, pédagogie et indépendance sur les enjeux qui influencent notre quotidien.
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