Primaire de la gauche : Glucksmann vainqueur
Raphaël Glucksmann remporte la primaire sociale-démocrate dès le premier tour avec 66,13 % des voix pour la présidentielle 2027.

Une victoire nette et sans appel dès le premier tour
Dimanche 11 octobre 2026, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire organisée conjointement par le Parti socialiste et Place publique, en vue de désigner le candidat de la gauche sociale-démocrate pour la présidentielle 2027. Le résultat est sans ambiguïté : 66,13 % des suffrages exprimés dès le premier tour, soit 79 613 voix sur les 120 307 bulletins déposés lors de ce scrutin ouvert à tous les citoyens majeurs. Ce score élevé lui évite tout second tour et marque une victoire claire face à ses concurrents. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, arrive en deuxième position avec 14,43 % des voix, soit 17 398 suffrages. Ségolène Royal récolte 7,62 % (9 165 voix), Emmanuel Maurel 5,92 % (7 119 voix) et Jérôme Guedj 5,83 % (7 012 voix). Un écart considérable qui traduit la domination de Glucksmann au sein de cet espace politique.
Plus de 120 000 participants à cette primaire inédite
Le chiffre de participation est l’un des enseignements majeurs de cette journée. Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation de la primaire PS/Place publique, a annoncé que 120 307 personnes avaient pris part au vote. Un niveau de mobilisation significatif pour une primaire de gauche qui n’avait pas d’équivalent depuis plusieurs années dans cet espace politique. Pour les organisateurs, ce chiffre témoigne d’un regain d’intérêt pour une offre politique social-démocrate clairement identifiée, à la croisée de la tradition socialiste et du renouveau incarné par Place publique. Fondé par Glucksmann en 2018, ce mouvement a réussi à s’imposer comme une force incontournable à gauche, notamment grâce à son score aux élections européennes de 2024, où la liste qu’il menait avait créé la surprise en arrivant en tête de la gauche française.
La réaction du vainqueur : « Rien n’est gagné »
Raphaël Glucksmann a réagi à sa victoire sur le réseau social X avec des mots à la fois ambitieux et mesurés. « Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner. Elle peut parler de justice, d’écologie et de République sans renoncer à rien », a-t-il écrit. Il a assuré être « là pour gagner l’élection présidentielle », pour « tourner la page du macronisme, empêcher l’extrême droite et changer la vie ». Mais il a tenu à tempérer l’enthousiasme de ses soutiens : « Cette première place ne me donne aucun droit. Rien n’est gagné. Elle m’oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage. » Des mots qui donnent le ton d’une campagne qui ne fait que commencer et qui devra s’adresser bien au-delà du seul électorat social-démocrate. Retrouvez sa réaction en intégralité sur son compte Instagram @raphaelglucksmann.
Un candidat entre ambition nationale et défis internes
La victoire à la primaire n’est qu’une première étape. Raphaël Glucksmann devra désormais fédérer au-delà de son électorat naturel pour espérer peser dans la course à l’Élysée. L’équation est complexe. À gauche, le paysage reste fragmenté entre le bloc insoumis de Jean-Luc Mélenchon, les écologistes, les communistes et cet espace social-démocrate dont Glucksmann prend la tête. Les tentatives d’union à gauche ont jusqu’ici échoué à produire une dynamique durable pour la présidentielle. Le candidat de Place publique et du PS devra également convaincre une partie de l’électorat centriste déçu par le macronisme, sans pour autant brouiller son positionnement. Un exercice d’équilibriste qui sera au cœur de sa stratégie dans les mois à venir, à moins d’un an du premier tour de la présidentielle.
La gauche sociale-démocrate face au défi de 2027
Au-delà de la personnalité de Glucksmann, cette primaire soulève une question de fond : la gauche social-démocrate est-elle en mesure de rassembler suffisamment pour franchir le premier tour de la présidentielle ? Les sondages actuels placent Raphaël Glucksmann entre 10 et 15 % des intentions de vote, loin des scores nécessaires pour accéder au second tour. Mais la dynamique générée par cette primaire, combinée à un contexte politique marqué par l’impopularité record d’Emmanuel Macron et une poussée de l’extrême droite, pourrait modifier les rapports de force. La campagne qui s’ouvre sera longue, incertaine, et décisive pour l’avenir d’une gauche qui cherche depuis 2017 à retrouver le chemin du pouvoir.
La rédaction ICONIQ. Politique
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