Warren Buffett cède la présidence de son empire de 1000 milliards à son fils
À 96 ans, Warren Buffett cède la présidence de Berkshire Hathaway à son fils Howard, agriculteur et philanthrope. Un passage de témoin familial et symbolique pour un empire de plus de 1 000 milliards de dollars.

La fin d’une ère de six décennies
Warren Buffett l’a annoncé dans une lettre adressée directement aux actionnaires de Berkshire Hathaway : il quitte avec effet immédiat la présidence du conseil d’administration, poste qu’il occupait depuis 1965. Soixante et un ans à la tête d’un conglomérat qu’il a transformé, d’une ancienne PME textile du Rhode Island, en l’une des entreprises les plus puissantes de la planète. « Le temps finit toujours par avoir le dernier mot », écrit-il sobrement. « Il a cependant été généreux avec moi. Il m’a donné l’occasion de voir Berkshire atteindre un stade où je suis plus confiant que jamais quant à l’avenir. » Warren Buffett, 10e fortune mondiale avec un patrimoine estimé à 145 milliards de dollars selon Bloomberg, ne disparaît pas totalement : il devient président émérite et reste membre du conseil d’administration.
Howard Buffett, un successeur aux antipodes de la finance
C’est son fils Howard Graham Buffett, 71 ans, qui prend sa place à la présidence. Un profil qui détonne dans l’univers feutré de Wall Street. Deuxième des trois enfants de Warren, Howard n’est ni gestionnaire de fonds ni dirigeant opérationnel. Il est agriculteur. Il exploite une ferme dans l’Illinois et préside la Howard G. Buffett Foundation, organisation philanthropique engagée sur la sécurité alimentaire, l’agriculture durable et l’aide humanitaire dans les zones de conflit, notamment en Ukraine. Son parcours inclut également un épisode inattendu : il a exercé les fonctions de shérif du comté de Macon, dans l’Illinois, après avoir été auxiliaire bénévole de police pendant plusieurs années. Un homme de terrain, loin des salles de marchés.
Une légitimité construite dans les conseils d’administration
Si Howard Buffett surprend par son profil, il ne débarque pas sans expérience au sein de Berkshire. Il siège au conseil d’administration du groupe depuis 1993, soit plus de trente ans. Il a également occupé des postes d’administrateur chez Archer Daniels Midland, Coca-Cola Enterprises, ConAgra Foods et Lindsay Corporation, fabricant de systèmes d’irrigation. Sa connaissance des rouages de la gouvernance des grandes entreprises est réelle, même si son rôle à la présidence sera avant tout symbolique et culturel. Howard Buffett ne prendra aucune décision opérationnelle ni ne choisira les investissements. Cette responsabilité reste entre les mains de Greg Abel, directeur général nommé en mai 2025.
Un choix assumé, familial et délibéré
Warren Buffett ne cherche pas à masquer la dimension personnelle de ce choix. Interrogé par le Wall Street Journal, il a déclaré sans détour : « Il obtient ce poste parce qu’il est mon fils. » Une franchise rare dans les arcanes du capitalisme américain, qui dit beaucoup sur la philosophie du milliardaire. Pour lui, la présidence d’Howard n’est pas une récompense financière mais une mission de gardien. « Greg dirige l’entreprise ; Howard veillera à sa culture et à ses valeurs, deux éléments qui valent bien plus que tout ce qui figure à notre bilan », précise-t-il dans sa lettre. Greg Abel, de son côté, a salué la transition : « La culture que Warren a bâtie et les valeurs qu’il a défendues resteront au cœur de Berkshire. »
Un empire qui dépasse les hommes
Berkshire Hathaway pèse aujourd’hui plus de 1 000 milliards de dollars. Le groupe détient des participations dans des dizaines d’entreprises majeures : Apple, Bank of America, American Express, Coca-Cola, ou encore BNSF Railway et Geico. Ce transfert de pouvoir marque la fin d’une époque, mais Buffett a voulu que la transition soit douce. En mai 2025, il avait déjà passé la main opérationnelle à Greg Abel, annonçant qu’il « resterait dans les parages » sans préciser son rôle exact. Cette dernière étape, la présidence, referme le chapitre. Howard ne sera pas Warren, et ne prétend pas l’être. Son rôle sera de préserver l’âme d’une institution, dans un monde financier où les repères changent vite.
La rédaction ICONIQ. Business
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